Comment augmenter ses gains au poker pour en vivre ?

Quitter son travail pour s’adonner à sa passion, voici un objectif prometteur faisant rêver beaucoup de personnes. Quand vous découvrez le poker, vous êtes d’abord passionné uniquement par le jeu, puis les résultats arrivant, vous comprenez qu’il est possible de se faire de l’argent avec ce jeu. Mieux, vous voyez les meilleurs joueurs de poker afficher une richesse que n’envierait pas un patron du CAC40 !

Il est donc légitime de se poser la question : puis-je gagner beaucoup d’argent au poker et devenir un joueur pro ? Oui, l’objectif est réalisable, mais il est très important de comprendre quelques points essentiels.

Combien gagne en moyenne un joueur de poker ?

En réalité, il est tout simplement impossible de répondre à ce type de questions aussi généralistes. Déjà, il y a de grosses différences de calculs possibles entre un joueur de tournoi et un joueur de cash games. Mon article sur les plus gros gagnants en MTT live font rêver, mais ses gains ne prennent pas en compte tous les frais d’entrée des tournois, les nuits à l’hôtel, les transports…

Les profits nets sont donc souvent très différents des gains.

Choisir le « grind » au lieu de la gloire

Contrairement aux joueurs de tournois, les grinders (noms donnés aux joueurs de cash games qui jouent très souvent) connaissent moins de variance et sont plus facilement capables d’avoir un revenu régulier. En effet, en tournois live (avec seulement quelques événements par mois), les joueurs sont obligés de réussir une grosse performance chaque année pour s’en sortir gagnant.

Un bon joueur de cash games peut espérer gagner autour de 5 grosses blindes toutes les 100 mains. Bien évidemment, ce taux peut changer selon le nombre de tables que vous jouez, la difficulté des parties et la variante. Mais, il est possible avec ce chiffre de tirer des exemples.

Imaginons que vous jouez 50 000 mains par mois et faites 5 bb/100 mains en NL100. Vous arrivez à 2500€ de profits mensuels.

Certains joueurs gagnent également leur vie en jouant dans les casinos. Le niveau est plus bas qu’online et obtenir à 10 bb / 100 mains est faisable, surtout si vous faites la tournée des casinos bourrés de touristes. Les limites sont plus hautes, souvent du 2/5, mais le format live vous fait jouer moins de mains.

Partons sur le postulat que vous gagnez 10 bb / 100 mains et 6000 mains par mois en casino. Cela fait du 3 000€ de profits mensuels.

L’avertissement Gus Hansen

Quand j’ai commencé le poker, le Danois Gus Hansen était une référence. Son agressivité impressionnait et son style moderne déroutait les anciens joueurs. Il a été l’un des plus gros gagnants en quelques années. En 2009, ses gains en cash games approchaient les 3M$. Une somme sûrement éloignée de la réalité car les logiciels de tracking qui donnaient ces résultats n’étaient pas infaillibles.

En 2014, il était devenu l’un des plus gros perdants avec près de 15 M$ de pertes. Pourquoi ? Un ensemble de choses a contribué à cette descente aux enfers. On pourrait déjà évoquer la variance au poker. La chance qui sourit pendant trois mois peut se transformer en malchance pendant 6 mois.

Mais, il n’y a pas que ça. Les adversaires se sont améliorés et ont tout simplement mieux joué que lui. Il ne s’est pas adapté et a voulu continuer à jouer les plus grosses parties. Une erreur !  Peut-être qu’en descendant de quelques limites et en masquant son identité, il aurait pu rester gagnant, mais son ego l’a obligé à rester aux plus grosses tables où il était devenu le bon client…

Moral de l’histoire, devenir un joueur gagnant, ce n’est pas que calculer sa marge de profits sur un nombre de mains, c’est principalement de savoir choisir les bonnes parties.

Comment améliorer vos gains potentiels au poker ?

Maintenant que vous avez vu les gains potentiels et un exemple de ce qu’il ne faut pas faire (ne pas choisir ses parties), il est temps de s’intéresser aux techniques pour optimiser ses gains au poker.

Le poker est un jeu en constante évolution. En 2006, faire un 4 bet préflop était fabuleux, aujourd’hui, c’est très courant. Cela ne veut pas dire que vous devez singer les plus grands sans forcément comprendre leur logique, mais vous adapter en permanence aux adversaires. Il est très important de comprendre les dernières tendances. Ainsi, tous les joueurs de cash games ont pu voir vers 2010 une recrudescence des squeeze (relance d’un joueur agressif, payé par un autre, un troisième joueur surelance). Il a fallu s’adapter en faisant plus de 4-bet, en call davantage de 3-bet ou en suivant un joueur agressif avec des mains fortes pour avancer masqué.

Une autre arme pour limiter l’impact des 3-bet est de relancer à moins de 3 BB preflop pour pouvoir plus facilement payer un 3-bet.

Bref, pour connaître ces modes, il faut à la fois être concentré et observateur lorsque vous jouez, et essayer de suivre les derniers conseils stratégiques. Les forums français sont de bonnes sources, mais de mon côté, j’ai toujours préféré lire le forum américain 2+2.

Mais, parler argent possible et techniques est une bonne chose, mais ce n’est pas forcément l’essentiel au poker. L’état d’esprit fait vraiment la différence. Comment  gérez-vous émotionnellement les grosses pertes ? Restez-vous toujours aussi sérieux à la table quand vous gagnez beaucoup d’argent lors des premières mains ? Avez-vous l’habitude de tilter ?

Le « mindset » d’un joueur professionnel se doit d’être aiguisé. Personnellement, l’impact des gains et pertes a toujours été trop important sur mon mental pour pouvoir espérer passer professionnel même si à une époque, mes gains ridiculisaient le taux horaire de mon travail…

Au final, comment gagner suffisamment d’argent au poker pour en vivre ?

Les gains obtenus au poker dépendent largement de vos parties : cash games ou tournois, NL100 ou NL400, en ligne ou dans les casinos… Mais, je peux déjà vous conseiller de ne pas imaginer devenir pro en jouant en NL50. À une époque, la mode était de gagner en NL50, d’aller vivre en Asie où la vie est moins chère et d’espérer en vivre ainsi.

Malheureusement, le poker, c’est progresse ou meurt !

Idéalement, le poker professionnel doit s’imposer à vous. La décision devrait arriver alors que vous gagnez trois fois votre salaire mensuel, avez l’impression de progresser et pensez au poker à chaque moment de la journée.

Ne négligez pas l’impact sur votre vie d’une carrière de joueur. Cela signifie de ne pas passer de soirée avec sa copine quand les parties sont bonnes, d’avoir des horaires décalés selon vos parties, mais aussi, de ne plus avoir de collègue, de vivre dans un univers où l’argent est le seul résultat, de vivre beaucoup de stress///

Une bonne idée peut être d’essayer de devenir pro à mi temps au départ. Voyez comment vous supportez la pression, la variance du poker et la solitude inhérente au poker en ligne. Si après quelques mois, vous avez hâte de faire que du poker, vous pouvez tenter.