Pourquoi miser au poker ? Les raisons possibles

En recherchant quelques infos sur le sujet, je suis tombé sur un article de 2008 qui disait que sur PokerStars, des statistiques sur plus de 100 millions de mains indiquaient que moins d’une main sur quatre allait jusqu’au showdown (dévoilement des cartes à la river). Je suis sûr que ce chiffre a encore diminué car le jeu preflop est de plus en plus agressif.

Miser au poker est important. Même plus que les cartes que vous recevez. C’est d’ailleurs ce qui différencie le poker d’un jeu de chance.

Il y a deux raisons principales pour miser au poker : pour « value » (rentabiliser, vous pensez avoir la meilleure main et voulez donc gagner un gros pot), pour bluffer (vous avez une moins bonne main que votre adversaire, mais souhaitez le faire jeter ses cartes).

Si vous misez pour d’autres raisons, vous perdez inutilement vos chips et votre argent.

Différence entre payer et miser

Pour info, payer équivaut à « Call » et miser à « Bet ». Je précise car il y a beaucoup de termes anglophones utilisés au poker. Il y a une grosse différence entre payer, miser et relancer.

Quand vous payez, vous ne mettez pas de pression à votre adversaire. Vous n’allez pas le faire jeter ses cartes. En revanche, cela peut avoir une utilité pour bluffer plus tard dans la main, car vous pensez qu’une relance ne sera jamais payée par une moins bonne main, pour toucher un tirage…

Connaître son opposition

Déterminer le niveau de jeu et les habitutdes de vos adversaires est une compétence primordiable pour réussir au poker et bien miser. Ainsi, c’est très dur de bluffer un mauvais joueur. Ce dernier perd davantage de l’argent en payant des mises qu’il n’aurait pas dû payer qu’en se couchant trop souvent. D’ailleurs, c’est un des défauts majeurs des joueurs en ligne qui vont dans les casinos.

Ils essaient de bluffer encore et encore, et le joueur récréatif paie pour s’amuser… et gagne en se disant que son adversaire est con de miser avec rien !

Si vos adversaires sont tights (serrés, jouent peu de mains), bluffer devient plus profitable car ils vont jeter davantage de main.

Il est également bien de ne pas miser à chaque fois quand vous jouez face à un jour très agressif qui relance souvent et que vous avez dû mal à vous adapter à cette tendance.

Connaître votre image à la table

Qu’importe votre vrai style de jeu ou le niveau des adversaires, vous avez une image à la table. Par exemple, vous pouvez jouer très serré, mais toucher six grosses mains de suite, tous les jouer et vos adversaires penseront que vous êtes agressif.

Connaître son image est très important pour savoir ce que vos mises peuvent accomplir. Si vous avez une image de joueur serré, bluffer est plus facile. Mais à l’inverse, vous voudrez peut-être éviter des actions qui montrent trop de force comme un check-reraise sur un flop A22 alors que vous avez une belle main. En voyant cela, l’adversaire vous met d’emblée sur une grosse main comme AA, AK, 22…

Une image trop serrée se révèle donc utile pour bluffer, mais compliquée pour rentabiliser ses grosses mains. Il faut trouver le bon équilibre.

Choisir les bons montants de mise

Vous payez une relance de 24€ préflop. Trois joueurs suivent. Un flop 9, 10, J avec deux trèfles sort. Une foule de tirages possibles se constate. Vous imaginez bien que si vous misez de nouveau 24€ dans un pot de 72€, tous les tirages vont suivre voire relancer. En revanche, si vous misez 65€, cela peut les faire fuir.

Il faut donc adapter la taille de vos mises selon votre objectif, mais aussi le flop. Si vous avez l’habitude de miser trop ou pas assez, vous êtes exploitable. De même, il est important de savoir mettre le bon montant pour se faire payer à la river quand vous avez la meilleur main.

Bluffer quand on mise au poker

Savoir bluffer est aussi important que savoir rentabiliser ses bonnes mains. Le bluff n’est pas une action magique faite par des courageux comme Rambo. Un bon bluff ne se fait pas par hasard. Il se fait en analysant la main possible de l’adversaire, le flop et si vous jouez dans un vrai casino, le langage corporel du joueur.

Par exemple, si vous payez une mise sur un flop avec deux piques, qu’il y a un check sur la turn et qu’à la river, un autre pique est dévoilé, vous pourrez plus facilement bluffer une flush même si vous ne l’avez pas.

D’autres bluffs sont courants comme vous relancez préflop avec QJ, un seul joueur suit, le flop est sec (A-4-6). Vous avez peu de chances d’avoir la meilleure possible à la fin du jeu. Mais, vous avez relancé préflop et si vous misez, l’adversaire jettera toutes ses mains sans As. Cela vaut le coup d’essayer.

Plus vous jouez contre des mauvais joueurs, plus ils paient. Mais, plus vous jouez des bons joueurs, plus ils analysent votre jeu pour comprendre si vous bluffez ou avez réellement une bonne main. Il est donc aussi important de raconter une histoire plausible dans votre façon de jouer la main que de réfléchir à ce que peut détenir l’adversaire.

 

En conclusion, vos mises au poker sont une façon de communiquer avec les autres joueurs de la table. Vous montrez alors de la force ou de la faiblesse. Selon les situations, chacune peut être bien. Apprenez à les varier et en profiter pour devenir un bon joueur de poker.